flore du Quercy, biodiversité et sylvo-pastoralisme. Agriculture paysanne.

Plantes messicoles


Début juillet, les blés mûrissent, et les plantes messicoles finissent leur cycle végétatif. Elles terminent leur floraison, et préparent leurs graines ou leurs bulbes pour repartir l'année prochaine, si les conditions de reproduction leur sont favorables...c'est bien leur problème actuel...
Une plante est dite messicole  (on la retrouvait dans les moissons) car elle est commensale (littéralement : elle partage le repas) des céréales d'hiver, mûres l'été, comme le blé, l'orge, l'avoine, le triticale ...mais surtout parce que leur cycle de développement est proche de celui des céréales d'hiver, et qu'elles profitent des soins culturaux traditionnels apportés au blés :
- leurs graines sont mûres en même temps que le blé, elles ne sont donc pas fauchées trop tôt, comme c'est le cas si elles poussent dans des prairies de fauche, même fauchées tard (fin juin).
- le sol est scarifié après les moissons, par la technique des "faux semis", ce qui le nettoie et limite la concurrence future d'autres annuelles, et prépare un "lit de semence" dans lequel elle sont enfouies et peuvent attendre la fin de leur dormance, souvent réveillée par les premiers froids.
- certaines sont vivaces, mais résistent aux labours peu profonds
- enfin et surtout, il ne faut pas qu'elles soient victimes des désherbants sélectifs mis en hiver sur les céréales
- ni détruites par les travaux du sol, au printemps s'il y a rotation, sur cette parcelle, avec une céréale d'été...

Préserver les messicoles n'est donc pas facile, même si on veut travailler de façon agro-écologique, car les rotations des cultures, qui limitent l'extension des maladies et des parasites, et donc la nécessité de traiter, ne sont pas toujours favorables pour préserver la biodiversité. Cela se gère.

Facile à préserver : le coquelicot


Nigelles (bleu pâle)



Viola tricolore




Miroir de Vénus


Vicia calcarata (assez rare)



Glaïeul des moissons : se multiple principalement par bulbes, et secondairement par graines.
Apparement, il semble assez sensible au travail du sol...mais les conseils sont les bienvenus, du moins pour ce qui concerne les glaïeuls préservés dans les cultures...personnellement, je ne peux les préserver que dans les pâtures...en mettant en défens vis à vis des dents des brebis, par une clôture volante, les quelques 300 m2 où ils se multiplient. Si le pré est fauché à une époque normale pour faire du foin de qualité, il n'a pas le temps de reconstituer son bulbe, pour  faire de belles fleurs l'année suivante.

Il manque à cette galerie Adonis d'été (goutte de sang), que je n'ai pu photographier cette année...
et les bleuets disparus des champs (mais nous avons les catananches...)


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